La profession d’expert-comptable attire chaque année de nouveaux profils, et pour cause : le secteur recrute, les salaires progressent, et les missions se diversifient. Mais avant d’en arriver là, le chemin est long. Comprendre les étapes du cursus, c’est souvent le premier réflexe des jeunes qui envisagent sérieusement cette voie.
Un cursus en trois temps, sur environ huit ans
Le parcours pour décrocher le titre d’expert-comptable à Nantes, par exemple, repose sur trois diplômes successifs : le DCG (Diplôme de Comptabilité et de Gestion, équivalent licence), le DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion, grade master), puis le DEC (Diplôme d’Expertise Comptable). À ces cinq années d’études s’ajoute un stage obligatoire de trois ans en cabinet, effectué en qualité d’expert-comptable stagiaire inscrit à l’Ordre. La durée totale avoisine donc huit ans après le bac, parfois davantage selon le rythme choisi.
Ce qui distingue ce cursus des autres formations supérieures, c’est sa modularité. Chaque diplôme est composé d’épreuves que l’on peut passer progressivement, et des dispenses permettent des passerelles selon le profil. Résultat : il est tout à fait possible de travailler à chaque étape du parcours, y compris en alternance dès le DCG.
Le stage de trois ans, souvent perçu comme une contrainte, est en réalité une véritable immersion professionnelle rémunérée. Il s’effectue principalement en cabinet, en France ou en Europe, et comprend quatre rapports semestriels ainsi qu’un programme de formation structuré. C’est cette expérience terrain qui permet de présenter les épreuves du DEC dans les meilleures conditions.
Un diplôme rénové pour répondre aux défis d’aujourd’hui
Depuis octobre 2025, le DEC dispose d’un nouveau référentiel (RNCP 41385), fruit d’une collaboration entre le ministère de l’Enseignement supérieur, le Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. Cette refonte n’est pas anodine : elle intègre des compétences inédites liées à la transition écologique, à la digitalisation et à la responsabilité sociétale des entreprises.
Concrètement, les futurs experts-comptables devront désormais maîtriser l’audit des informations extra-financières, la réalisation de bilans carbone et la production de rapports de durabilité dans le cadre de la directive européenne CSRD. Le volet numérique est également renforcé, avec des attendus sur l’intelligence artificielle et la data visualisation. Ce repositionnement traduit une évolution profonde du métier, bien au-delà de la comptabilité classique.
Un marché du travail dynamique, avec des opportunités concrètes
En 2026, la France compte 21 611 experts-comptables inscrits à l’Ordre, répartis dans près de 19 500 cabinets. Le secteur emploie plus de 186 000 salariés et génère entre 16 et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, ce qui en fait le premier secteur des professions libérales devant les avocats. La création nette d’emplois atteint 2,8 % par an depuis cinq ans, et en 2023, six cabinets sur dix ont recruté au moins un collaborateur.
La profession se féminise aussi progressivement : les femmes représentent 31 % des inscrits, mais 44 % des stagiaires, ce qui laisse présager une accélération du mouvement. Côté rémunération, un expert-comptable salarié débute autour de 2 500 euros nets par mois, avec une progression significative après dix ans d’expérience (40 000 à 50 000 euros brut annuels). En libéral, la moyenne s’établit autour de 3 400 euros nets mensuels, variable selon la clientèle et le territoire. Le bassin nantais, porté par un tissu dense de PME et d’ETI, affiche régulièrement plusieurs dizaines d’offres actives pour des profils comptables, y compris en alternance.
Huit ans, c’est long. Mais dans un secteur où les besoins dépassent les vocations disponibles, investir dans ce parcours reste l’un des choix professionnels les plus solides qu’un jeune puisse faire aujourd’hui.


